Témoignage de Monika

Cierge pascal confirmation     Ce n’est pas si souvent qu’on entend dire qu’il est possible de retrouver la foi par une décision prise délibérément pour Dieu qui, au même instant signifie l’abandon d’une routine de la vie quotidienne. Mais peut-être je ne suis pas la seule avec un évènement comme celui-là dans ma vie.

   Après la mort de ma mère, en mai 2002, de retour à Lyon après avoir participé à ses funérailles en Allemagne, j’ai ressenti un grand vide en moi, la perte d’une personne chère, importante et très aimée à mes yeux. Ce fut pour nous tous un temps de vie bien dur à vivre et j’avais essayé de plusieurs façons de retrouver la paix en moi.

   Durant ces vingt dernières années j’avais visité des églises, mais seulement par intérêt historique ou artistique. Archéologue, je m’étais rendue plus tôt au site de l’ancien temple de Kybele au-dessus de la colline de Fourvière pour méditer, mais cela ne m’a finalement pas beaucoup aidée. Après une petite promenade en passant devant l’église de St Just, je suis entrée spontanément avec le désir de prier.

Un an et demi plus tard, à la mort de mon père, je me suis comportée de la même façon, sachant maintenant que je pouvais gagner des forces par une visite d’église, mais cette fois, j’ai n’ai pas cherché à trouver la paix et le silence à l’aide de mes vestiges archéologiques bien-aimés, ce qui est plus étrange, parce que c’est grâce à mon père que mon amour pour l’histoire de l’antiquité est née en moi. Il était un admirateur de Jean-François Champollion, le premier homme à déchiffrer les Hiéroglyphes Egyptiennes, et voilà que le jour après l’enterrement de mon père je me trouvais dans la ville de naissance de Champollion à Figeac, où j’avais accompagné mon mari pour une conférence scientifique.

Marchant dans la ville j’avais remarqué l’entrée du musée dédié à ce grand homme de la ville et non loin de là, une petite chapelle. Plus attirée par cette dernière, mon choix fut d’essayer de retrouver un peu de force ici et d’y honorer la mémoire de mon père - ce qui était tout de même très inattendu de ma part.

 

eglise de bigorreLà, dans la chapelle je me trouvais seule, ce qui me plaisait dans ma recherche de solitude pour mieux penser à mon père. Après une prière sur le banc, j’ai circulé à l’intérieur de l’église, toujours en priant. Et prise d’une grande tristesse, on peut dire brusquement, je ne me sentis plus seule! Très clairement j’ai ressenti quelqu’un devant moi - mais il n’y avait toujours personne dans l’église, excepté moi. Regardant autour de moi, puis devant moi le mur, mon regard fut attiré par la Croix et un sentiment de gratitude et de consolation m’a submergée. Non, je n’étais plus seule et je ne serais plus jamais seule dès lors. Une question m’est venue à l’esprit: pourquoi devant moi, pourquoi pas en moi ? Je voulais si fortement en cet instant que le Christ soit aussi à l’intérieur de moi, et qu’il entre dans mon cœur !

Plus tard, j’ai découvert St. Paul s’adressant aux Galates en ces mots: “...et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi” (Galates 2,20).

En ouvrant de plus en plus mon cœur à l’amour de l’Eglise Catholique et à la foi, j’ai reçu d’innombrables grâces, comme une sorte de réponse réconfortante à ma question. En mai 2012, le jour de ma Confirmation j’ai retrouvé la paix en fêtant la force de l’Esprit Saint ensemble avec les autres confirmands et Recommençants. Ce jour-là, ma nièce qui était venue pour être ma marraine m’a demandé un peu étonnée : “Pourquoi as-tu l’air si heureuse?” Même avant d’avoir reçu le Sacrement, une joie folle était lisible dans mes yeux. 

Et j’ai peut-être cité à ce moment un autre Saint très cher à moi, Saint Augustin, avec un passage de ses "Confessions":

« Tu nous as fait pour Toi et notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il repose en Toi » (I, I, 1).   Lyon, Août 2013